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Le guide du gentleman pour accorder vins et mets

Le guide du gentleman pour accorder vins et mets

Si les subtilités du choix d’un vin sont aussi profondes que l’océan Pacifique, voici un guide simple pour ne pas se tromper

Vous venez de vous installer à une table nappée de blanc dans un restaurant haut de gamme. La décoration est impeccable, l’ambiance agréable et l’éclairage parfait : vous avez fait le bon choix. Elle est sublime et vous n’êtes pas mal non plus : vous respirez l’assurance. Ce rendez-vous commence déjà plutôt bien.

Le sommelier s’approche, élégant dans sa tenue noire et blanche, et se penche vers vous, interrompant votre conversation animée. « Souhaitez-vous voir la carte des vins ? » demande-t-il poliment. Vous acquiescez avec assurance, bien sûr que oui : vous maîtrisez parfaitement la situation.

Vous vous emparez de la carte reliée en cuir, en soulevez la couverture… et vous vous rappelez soudain que vous n’y connaissez absolument rien en vin. La sonnette d’alarme retentit, votre assurance s’évapore comme l’eau d’une assiette inclinée, et votre panache de paon retombe lamentablement.

C’est le moment de montrer que vous êtes un véritable gentleman raffiné. Il est scientifiquement prouvé que, tout comme savoir changer un pneu crevé, un homme capable de distinguer son merlot de son zinfandel ou son chardonnay de son moscato — sans afficher l’arrogance ostentatoire de celui qui passe ses étés en Toscane — devient infiniment plus séduisant aux yeux du sexe opposé*. Mais si vous commencez à bafouiller et à hésiter en marmonnant quelque chose sur le corps complexe d’un malbec blanc d’Islande, elle vous trouvera aussi viril qu’un mannequin de vitrine.

C’est l’une des compétences essentielles que tout gentleman se doit d’acquérir. Elle ne s’attend pas à ce que vous ayez les connaissances et le penchant pour le vin de Robert Parker (si vous ne savez pas qui il est, vous devez absolument poursuivre votre lecture), mais c’est une corde raffinée à ajouter à votre arc qui ne manquera pas d’attirer son attention. Alors, messieurs, même si les subtilités du choix d’un vin sont aussi profondes que l’océan Pacifique, voici un guide simple pour ne pas vous tromper…

(*vérification des faits nécessaire)

ACCORDS METS

Le vin est une affaire de goût : les cépages et les régions séduisent différemment selon les palais. Ne vous arrêtez donc pas aux prix : ils donnent une indication de la qualité, mais ne permettent pas de déterminer vos préférences. Choisissez plutôt entre blanc et rouge, réfléchissez à ce que vous allez manger et accordez le vin en conséquence…

Cépages blancs populaires…

Sauvignon blanc (vif, léger et fruité, avec des notes douces) >> Fruits de mer, poulet et salades

Chardonnay (non boisé = fruité et frais, boisé = plus complexe avec légèrement plus de corps – n’hésitez pas à demander si ce n’est pas clairement indiqué) >> Poissons, poulet et pâtes

Pinot Grigio (vins secs et vifs aux arômes fruités) >> Poisson et poulet

Riesling (léger, avec une acidité vive et des arômes de pomme fraîche) >> Poissons, fruits de mer et plats plus exotiques ou épicés

Cépages rouges populaires…

Cabernet Sauvignon (corsé, aux riches arômes de cassis et aux notes poivrées) >> Viandes rouges et gibier

Pinot Noir (délicat et frais, aux arômes fruités) >> Poulet, poisson et agneau

Merlot (aux arômes typiques de cerise noire, de prune et d’herbes. Légèrement plus léger que le Cabernet Sauvignon) >> Pizza, pâtes, charcuterie et poulet grillé

Sangiovese (mi-corsé, aux arômes frais de fruits rouges et de prune) >> S’accorde avec presque tout, en particulier avec la cuisine italienne

Zinfandel (saveur vive aux notes de fruits rouges et de poivre) >> Pâtes, pizzas et viandes grillées ou cuites au barbecue

BON RAPPORT QUALITÉ-PRIX

« Pour un excellent rapport qualité-prix, » explique Georgina Collett de Bibendum PLB, « je recommande de délaisser les vins français, dont le rapport qualité-prix peut facilement décevoir. Le Chili propose toute une gamme de vins agréables et faciles à boire, tandis que l’Italie offre une variété de cépages autochtones originaux à des prix très intéressants. L’Argentine est également très prisée en ce moment.

« La vieille astuce qui consiste à choisir le deuxième vin le moins cher de la carte est rarement une bonne idée. Les restaurants savent parfois qu’il s’agit d’une pratique courante et peuvent en profiter pour gonfler le prix. Si le prix est un critère important, mieux vaut en réalité opter pour le vin de la maison, car c’est notamment sur celui-ci que l’on juge un restaurant ou un bar.

« Pour les vins tendance du moment, optez, côté blancs, pour un Picpoul de Pinet ou un Gavi ; et côté rouges, pour un Malbec ou un Primitivo (également appelé Zinfandel). »

Sinon, vous pouvez toujours demander un vin « corsé » ou « léger » (selon le plat que vous avez choisi). Vous montrerez ainsi à la personne qui vous accompagne que l’œnologie ne vous laisse pas totalement perplexe, tout en permettant au sommelier qualifié de vous orienter dans la bonne direction.

DÉGUSTATION

Le serveur reviendra et vous présentera une bouteille afin de s’assurer qu’il s’agit bien du vin que vous avez commandé.

La bouteille sera ensuite ouverte à table et une petite quantité de vin sera versée dans votre verre. On ne vous demande pas de vous livrer à une analyse digne d’un œnologue, mais simplement de vérifier que le vin ne présente aucun défaut manifeste, notamment qu’il n’est pas bouchonné, auquel cas il dégagera une odeur et un goût de renfermé, de moisi et de carton mouillé. Dans le cas rare où cela se produirait, vous êtes tout à fait en droit de demander que la bouteille soit remplacée.

N.B. Contrairement à une idée reçue, le terme « bouchonné » n’a rien à voir avec les morceaux de liège flottant à la surface : il désigne un défaut du vin caractérisé par un ensemble d’odeurs ou de goûts indésirables présents dans une bouteille.

Vous maîtrisez les bases du vin ? Accompagnez la bouteille de votre choix d’un carré d’agneau cuisiné maison...

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