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Notes de dégustation : comment Max Richter a transformé le champagne Krug en une musique sublime

Notes de dégustation : comment Max Richter a transformé le champagne Krug en une musique sublime

Une nouvelle collaboration remarquable espère restituer toute la majesté sonore du millésime 2008

Quel son produit un bon champagne ? Pas le bruit du bouchon qui saute (bien qu’existe-t-il plus beau présage de bons moments ?). Ni le pétillement de la mousse ou le scintillement régulier des bulles. Mais en bouche ; dans le cortex frontal. « Venez vite, je goûte les étoiles », voilà ce que l’un de ses créateurs trouva de plus juste pour résumer le goût si particulier du champagne, son essence sensorielle — une illustration, parmi tant d’autres, de la difficulté à décrire l’indescriptible.

Three distinct expressions from a remarkable year, each interpreted through both wine and music.

Max Richter est mieux armé que la plupart pour relever ce défi. En 14 albums studio et d’innombrables musiques de films et de séries télévisées (« Hamnet aurait-il eu la même beauté viscérale sans les cordes de Richter ? »), il a mis en musique toute la gamme ondoyante de l’expérience humaine. Aujourd’hui, en partenariat avec Krug, il dévoile une suite d’œuvres qui tentent, d’une manière ou d’une autre, de saisir l’essence de trois cuvées de champagne particulières issues d’une même année : Krug Clos d’Ambonnay 2008, Krug 2008 et Krug Grande Cuvée 164ème Édition. Après tout, cette année-là, « les vendanges ont été qualifiées d’exceptionnelles et 2008 est considérée comme l’une des dernières années véritablement classiques pour un climat septentrional, marquée par des conditions fraîches, des contrastes équilibrés et une maturation régulière », selon Julie Cavil, cheffe de caves de Krug. C’est un millésime à la fois moderne et actuel, mais empreint d’un classicisme intemporel, souligne-t-elle. Une description qui, à bien y penser, pourrait parfaitement s’appliquer au talent de Richter lui-même.

Mais comment le processus a-t-il commencé ? Comment passe-t-on des notes de dégustation aux notes de musique ? Richter explique avoir entamé son processus créatif dans les vignobles et les caves. « D’une certaine manière, je disposais d’un vaste réservoir d’expériences dans lequel puiser. » Composer revenait à imaginer « un texte parallèle ». Quelque chose qui ne soit pas simplement « descriptif » des champagnes, mais qui « procure aussi les mêmes sensations », précise-t-il. « C’est une expérience multisensorielle. Il est question de lumière, de texture, de temps, de terre, de vent, de la température ce jour-là, mais aussi d’histoire, de culture, de personnes et de leurs intentions. » Peut-être une vaste compression et un assemblage de différents éléments et influences, à l’image de raisins mûrs, gorgés de soleil et de sucre, que l’on presse avant la fermentation. Richter y a bien sûr également mêlé ses propres souvenirs de Krug. C’est son champagne préféré, et il plaisante en disant que tous ses enfants sont des « bébés Krug ».

Max Richter and Krug Cellar Master Julie Cavil in the vineyards, where the creative process first took shape.

La fusion de tant d’éléments différents est de toute évidence une tâche complexe. « Comme pour toute création, il est assez difficile d’en parler, explique Richter. Vous savez, parce que nous le faisons, en quelque sorte, et que nous le ressentons. » Pour décrire ce processus, le compositeur semble surtout parvenir à dire qu’il garde en tête une émotion particulière, puis compose pour s’en rapprocher. S’il sent que son travail l’en éloigne, il l’abandonne. S’il sent au contraire qu’il l’en rapproche, il le conserve et approfondit cette voie. Naturellement, c’est un acte créatif qui demande du temps. C’est là que les parallèles avec le champagne se révèlent particulièrement pertinents.

« Dans les caves, certaines bouteilles ont plusieurs centaines d’années », explique Richter à propos de la maison historique de Krug. « En tant que pratique culturelle, [la vinification] est l’expression de personnes qui, en un lieu donné, font quelque chose au fil du temps. Elles poursuivent des objectifs très précis. C’est à la fois une science et un art. Mais il y a là une forme de classicisme. » Comme la viticulture, souligne-t-il, « les langages musicaux sont des choses qui ont évolué au fil du temps ». Mozart a peut-être utilisé le même accord que Richter, mais les années qui les séparent — la mémoire culturelle commune et le contexte plus large — peuvent lui conférer une résonance différente lorsqu’il est enregistré en 2026. Il en va de même pour la vinification. Les millésimes évoluent sous terre et dans la bouteille, certes, mais aussi lorsqu’on les considère au regard de ceux qui les précèdent et les suivent, ainsi que des perceptions sensorielles changeantes et des circonstances dans lesquelles ils sont dégustés.

Centuries of craftsmanship underpin the character of each Krug cuvée.

Alors, quel goût a ce millésime 2008 si particulier de Krug ? Il serait évidemment bien téméraire de tenter de le décrire ici avec des outils aussi grossiers que de simples mots. (Venez vite ! J’écris du champagne !) Mais il faut dire que la musique de Richter est aussi saisissante, aussi immédiate, aussi irrésistible et aussi enveloppante que le vin lui-même. Et comme le vin, elle n’a pas besoin de beaucoup de contexte, d’apprentissage ou d’intellectualisation pour véritablement prendre vie, pour revêtir un sens propre à chacun. En cela, elle est presque simple, comme le sont souvent les plus belles choses. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit facile — et nous ne devrions d’ailleurs pas souhaiter qu’elle le soit. Après tout, comme le conclut Cavil : « rien n’est plus complexe que de donner aux choses une apparente simplicité. »

Collection Krug 2008 — Clos d’Ambonnay 2008, Krug 2008 et Grande Cuvée 164ème Édition

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Collection Krug 2008 — Clos d’Ambonnay 2008, Krug 2008 et Grande Cuvée 164ème Édition

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