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Les prix des spiritueux et boissons 2026 de Gentleman’s Journal

Les prix des spiritueux et boissons 2026 de Gentleman’s Journal

Des vins effervescents anglais aux meilleurs whiskies, rhums et gins, voici les bouteilles qui se sont distinguées cette année…

  • Texte: Jonathan Wells
  • Photographie: Benjamin Swanson
  • Lieu de prise de vue: The Capston à Embassy Gardens

Les verres sont polis, les tire-bouchons prêts à l’emploi et les glaçons, bien sûr, d’une limpidité cristalline. Voici les Drinks Awards 2026 de Gentleman’s Journal , notre rendez-vous annuel qui célèbre les bouteilles dignes de figurer dans votre bar, dans votre cave et, bien sûr, dans votre main. Cette année, les lauréats ont été photographiés au The Capston at Embassy Gardens, un écrin au style parfaitement adapté aux élégants nectars de notre sélection.

Des champagnes empreints d’une élégance d’antan aux vins effervescents anglais qui rivalisent avec les français, nous avons dégusté, fait tournoyer dans nos verres et examiné sous toutes les coutures les plus belles bulles de l’année.

Côté spiritueux, l’exercice se corse encore. Au programme : des single malts forts de douze ans de sagesse, des whiskies américains qui en ont sous le coude et des spiritueux d’agave qui valent leur pesant de pesos. Ajoutez à cela des lagers désaltérantes, des vodkas d’une légèreté aérienne et des rhums qui jouent dans la cour des grands, et voilà un bar des plus remarquables. Alors, levez votre verre et poursuivez la lecture…

Meilleur champagne

Faisons sauter le bouchon pour ouvrir le bal avec le roi des Drinks Awards : le champagne. Cette année, trois grandes maisons se disputent le titre, avec des cuvées pétillantes aux notes d’anis et de bergamote, entre autres.

1re place : Billecart-Salmon Champagne Le Sous Bois

Entièrement vinifié en fûts de chêne, notre champagne lauréat révèle un cœur malté et boisé qui semble presque d’un autre temps. Imaginez du beurre fondu et des petits pains au lait, de fines bulles et du pain frais, le tout rehaussé d’une touche de bergamote. Un champagne à l’ancienne, à savourer de préférence en smoking.

2e place : Louis Roederer Brut Vintage

Si le Billecart-Salmon évoque la boîte à pain, notre deuxième du classement rappelle plutôt la boîte à biscuits. D’un bel équilibre, il dévoile des notes de fruits à coque, d’épices délicates et de poires mûres, agrémentées d’une touche de miel de fleurs, et offre la texture en bouche la plus crémeuse et la plus mousseuse de sa catégorie.

3e place : Moët & Chandon Grand Vintage 2016

Fruit d’un savoir-faire vinicole magistral et de six années de repos en cave, ce champagne de dix ans s’affirme comme une vénérable référence. Si la météo de 2016 s’est montrée capricieuse, les notes de noisette, de pain d’épices — et la discrète touche d’anis — de cet extra-brut sont, elles, toujours au rendez-vous.

Meilleur vin effervescent anglais

D’année en année, les îles Britanniques font toujours plus pétiller leur savoir-faire viticole, comme en témoignent nos meilleures marques anglaises de vins effervescents, qui peaufinent toutes leur art dans les comtés entourant Londres et s’imposent comme de sérieuses alternatives au champagne lui-même.

1re place : Nyetimber Blanc de Blancs 2018

Nyetimber s’est toujours imposé en tête des vins effervescents anglais, et cette cuvée — son dernier millésime — creuse encore l’écart. Les agrumes sont plus présents qu’on ne pourrait s’y attendre, avec des notes d’orange et de pamplemousse rose, mais ces accents acidulés sont adoucis par des arômes de pâtisserie chaude, de vanille et de nougat gourmand. C’est cette complexité qui fait pencher la balance à nos yeux.

2e place : Gusbourne Blanc de Blancs 2020

Ce vignoble du Kent a tout pour plaire. La finale minérale, presque saline, de son Blanc de Blancs est rafraîchissante, et sa bouteille est peut-être la plus élégante de sa catégorie. Mais c’est sa façon de capturer l’essence de la campagne anglaise qui lui vaut une place dans notre trio de tête : imaginez des notes de pomme verte et de poire, relevées de nuances de fruits à coque et de pierre à fusil.

3e place : Harrow & Hope Blanc de Blancs 2020

Originaire du Buckinghamshire, le Harrow & Hope Blanc de Blancs prend le contre-pied — débordant de notes de clémentine et de nectarine, de mirabelle et d’orange de Jaffa juteuse, il offre une flûte pleine de vivacité, au fruité persistant, dont chaque gorgée pétille de soleil méditerranéen. Pour ajouter à sa complexité, une délicate pointe de gingembre vient même titiller le palais.

Meilleur vin rosé

Retour de l’autre côté de la Manche pour notre dernière catégorie de vins de l’année : le rosé. En 2026, nous avons misé sur la complexité, en recherchant des rosés aux saveurs inattendues, résolument secs et tout destinés à accompagner un repas.

1re place : Domaines Ott Clos Mireille Rosé 2025

Parfois, l’abondance a du bon. C’est sans doute pour cela que, été après été, nous nous laissons séduire par la complexité de ce rosé moyennement corsé. Grenache, cinsault et rolle s’unissent pour révéler des notes gorgées de soleil, mais quelque peu inattendues, de craie concassée, de cardamome et d’ananas vert.

2e place : Château d’Esclans Garrus Rosé 2024

Existe-t-il deux mots plus alléchants ou plus intrigants que « rosé gastronomique » ? Signé Château d’Esclans, ce vin se savoure idéalement lors des déjeuners d’été qui s’éternisent : ses arômes denses et concentrés de figue, de noix de muscade et d’herbes aromatiques en font le compagnon idéal de nombreux mets, du porc en croûte de persil à la sole meunière.

3e place : Quatre Vin QV Rosé

Si notre lauréat et son dauphin réservent quelques surprises hors saison dans l’univers du rosé, Quatre Vin nous plonge au cœur de l’été. À moins de 20 £ la bouteille, il offre tout ce que l’on attend d’un rosé : des notes florales fraîches, presque parfumées, des fruits à noyau bien mûrs et délicatement sucrés, et une profusion de fruits rouges dans le verre. Un grand classique.

Meilleur gin

Retour en Grande-Bretagne pour aborder nos catégories de spiritueux, avec le gin en première dégustation. Cette année, deux classiques encadrent un nouveau venu éblouissant, fruit d’une distillation inventive — un sandwich qui, pour rester dans le ton, se doit d’être au concombre.

1re place : Sipsmith London Dry Gin

Si la marque de Chiswick sait innover (un gin au banana bread, ça vous tente ?), son London Dry original reste le meilleur. Véritable référence dans sa catégorie, il est incroyablement aromatique pour un gin aussi polyvalent. Plutôt que de chanter à pleine voix, il fredonne une mélodie douce et alléchante, distillant ses subtiles notes de pomme, de pin et de menthe poivrée dans tous les cocktails, du Bramble au Bee’s Knees, et bien d’autres encore.

2e place : Aureus Vita Fibonacci Dry Gin

Cette deuxième place derrière Sipsmith peut sembler injuste, tant les distillateurs d’Aureus Vita repoussent les limites des conventions (ils élaborent leur spiritueux dans le seul alambic Fibonacci au monde, dont le brevet est en cours de dépôt). Mais ce gin puissant titrant à 61,8 % reste une réussite remarquable. Né en Cornouailles, il marie harmonieusement des ingrédients botaniques, dont la coriandre, le café et la feuille de cassis, pour offrir l’un des gins les plus soyeux que nous ayons dégustés cette année.

3e place : No.3 Organic London Dry Gin

Le gin de prédilection du maestro Alessandro Palazzi pour ses martinis de rêve au Duke’s. Que dire de plus ? Que cette bouteille ornée d’une clé fait son petit effet sur un bar rétroéclairé, sans doute. Mais si notre histoire d’amour avec ce gin primé de Berry Bros. & Rudd dure toujours, c’est surtout pour sa longue finale : racine d’angélique, notes boisées et touches poivrées qui persistent en bouche plus longtemps que toutes les autres.

Meilleure tequila

Établir un top trois est délicat, quelle que soit la catégorie, mais avec la tequila, le choix est particulièrement épineux. Nous avons opté pour des cuvées de luxe et réuni un trio de spiritueux d’agave parmi les plus chaleureux, les plus doux et les plus enveloppants en bouche que l’on puisse s’offrir à prix d’or (voire plus encore).

1re place : Tequila Don Julio 1942

Son prix est certes plutôt élevé, mais cette cuvée haut de gamme de Don Julio ne fait pas référence sans raison. Et si son prix est généreux, ses arômes le sont tout autant : des notes de caramel, de cannelle, de caramel au beurre et de chocolat noir, sublimées par plus de deux ans de vieillissement en fûts de chêne américain qui lui confèrent de somptueuses nuances grillées et torréfiées. Un délice, comme de l’agave qui aurait pris les traits d’un scotch d’exception.

2e place : Patrón Añejo

Vieillie un peu moins longtemps (12 à 15 mois), cette cuvée ultra-premium de Patrón est tout aussi intense. Le fruit y est peut-être plus présent, avec des notes de raisin sec, de citron et d’orange qui relèguent au second plan les subtiles touches de miel et d’amande. On retrouve toutefois cette longue finale persistante qui nous séduit tant, avec ici une douceur fumée relevée, en toute fin de bouche, d’une pointe de poivre noir.

3e place : Casamigos Tequila Añejo

La bouteille qui a déjoué la malédiction des spiritueux de célébrités, Casamigos a fait bien du chemin depuis que Clooney a vendu la marque. Mais sa meilleure tequila, cette douce Añejo, conserve une place bien méritée sur notre podium. Le chocolat noir est si présent qu’on entendrait presque le craquement d’une tablette, et l’intense douceur du caramel au beurre transforme cette tequila aux notes de tabac en un dessert servi dans un « caballito ».

Meilleure vodka

Pureté et fraîcheur. C’est tout ce que nous recherchons. Et, au-delà de la brûlure de l’alcool, nos trois vodkas finalistes nous ont offert de superbes dégustations, tout en limpidité. Avec deux places sur le podium, la Grande-Bretagne s’est une fois de plus distinguée, sur des notes de rose, mais aussi de zeste de citron, de poivre noir et de noix de coco.

1re place : Belvedere 10

Avec sa superbe silhouette anguleuse, cette bouteille pourrait laisser présager une vodka plus vive et plus tranchante qu’un iceberg. Pourtant, Belvedere 10 décroche la première place de notre catégorie vodka pour deux excellentes raisons, qui expliquent toutes deux son nom. D’abord, elle s’inspire des techniques utilisées en 1910, année de la création de la distillerie. Ensuite, elle repose pendant dix mois exactement, pour laisser les notes de cacao, de noix de coco et de vanille se fondre dans une texture veloutée en bouche. Un bonheur.

2e place : Sapling Vodka

Ancrée en Grande-Bretagne, Sapling pourrait décrocher sa deuxième place rien que pour son remarquable bilan climatique positif. Heureusement, c’est aussi une excellente vodka : le blé d’hiver bio lui confère une texture soyeuse en bouche, agrémentée de notes herbacées et de zestes de citron, avec une touche beurrée, presque lactée, en finale. Et à la bonne conscience s’ajoute l’esprit clair : avec elle, pas de gueule de bois.

3e place : Ramsbury Single Estate Vodka

Avec cette troisième place, c’est la première fois que les Britanniques sont majoritaires dans notre palmarès de la catégorie vodka. Mais le spiritueux phare de Ramsbury mérite amplement sa médaille de bronze. Élaboré à partir d’une eau locale filtrée à travers la craie, à proximité de la distillerie du Wiltshire, il présente une minéralité adoucie par des notes de caramel onctueux et de chocolat noir. Et en finale ? Une touche de poivre bienvenue.

Meilleur mixer

Ah, les héros méconnus du bar à cocktails ! Eau gazeuse, cola ou tonic : ces boissons allongent et rehaussent les saveurs de tous les spiritueux auxquels vous aurez envie de les associer. Certaines misent sur la simplicité, d’autres se montrent aussi audacieuses dans leur choix de plantes et d’aromates que les gins présentés plus haut. Voici nos préférées.

1re place : Soda au pamplemousse rose Three Cents

Chez Three Cents, on ne plaisante pas avec l’expérimentation — et chaque petite bouteille mérite qu’on s’y attarde et qu’on y goûte. Un soda au cornichon ? À la feuille de figuier ? À la mandarine et à la bergamote ? Tous excellents. Mais l’acidité de ce soda au pamplemousse rose, qui vous fait plisser les joues, est tout simplement remarquable. Il fait évidemment des merveilles dans un Paloma, mais son amertume est si agréablement mordante qu’on a pris l’habitude de le boire à même la bouteille.

2e place : Soda au citron vert du Mexique Fever-Tree

Dans le sillage vif et acidulé de Three Cents, voici le Mexican Lime Soda de Fever-Tree. Malgré une acidité plus prononcée, il reste étonnamment doux à boire, même avec sa généreuse effervescence. Idéal pour donner du peps à votre vodka-soda, il se marie toutefois encore mieux, selon nous, avec une tequila, dont il équilibre les puissantes notes d’agave.

3e place : Schweppes Dry Ginger Ale

Ce n’est pas un hasard si certaines marques sont connues de tous. Les mixers artisanaux produits en petites séries ont indéniablement leur place, mais Schweppes reste une valeur sûre, tant ses recettes de tonic et de ginger ale frôlent la perfection. C’est ce dernier qui monte sur notre podium, tout simplement pour son goût moins sirupeux et moins écœurant, ses bulles vives et la chaleur subtile du gingembre. Un classique.

Meilleur whisky de 12 ans d’âge

Nous en venons donc aux whiskies — le cœur battant, tout en single malt, des prix annuels des spiritueux du Gentleman’s Journal. Chaque année, nous répartissons nos récompenses par catégories d’âge, à commencer par celle-ci : les whiskies de douze ans d’âge.

1re place : Glenmorangie The Original 12 ans d’âge

Quatre ans se sont écoulés depuis que Glenmorangie a repensé l’identité de sa gamme classique, et nous avons toujours le sourire lorsque nous saisissons cette bouteille dans notre bar à la maison. C’est une évidence. Cette couleur orange reflète chaque note, chaque nuance, de l’intensité de la pêche au sirop à la douceur du sirop d’érable. On y retrouve des amandes, des mandarines, de la cannelle. C’est vraiment le 12 ans parfait.

2e place : The GlenDronach 12 ans

Lorsque Gentleman’s Journal a visité la distillerie The GlenDronach il y a plusieurs années, nous avons découvert le secret de l’alchimie de ce whisky, empreint de la douceur du xérès : la forme de « saxophone » des alambics en cuivre, dont chacun présente un « ventre » qui contribue à développer le caractère du spiritueux et à révéler des saveurs de baies et de fruits — des notes que l’on retrouve également dans les fûts de xérès où vieillit ce whisky de 12 ans d’âge.

3e place : Glen Scotia Single Malt 12 ans d’âge

Pour compléter ce trio triomphant de « Glen », nous quittons les Highlands pour Campbeltown. Et, tout comme la teinte orangée de la bouteille de Glenmorangie dissimule sa chaleur, le bleu intense de celle du whisky Glen Scotia, distillé sur la péninsule de Kintyre, laisse deviner sa salinité côtière, fouettée par les vents. Une promenade vivifiante en bord de mer mise en bouteille : des embruns, de la saumure d’olive et une texture huileuse qui tapisse le palais.

Meilleur whisky de 15 ans d’âge

Quelques années de plus, à présent. La catégorie des 15 ans d’âge se situe entre les 12 ans, parfaits en cocktail, et les 18 ans, à savourer lentement. Les distillateurs n’en sont que plus remarquables lorsqu’ils parviennent à concilier ces deux facettes du single malt. Cette année, le Speyside règne en maître.

1re place : The Macallan Double Cask 15 ans d’âge

Vieilli dans des fûts de chêne européen et américain ayant tous deux contenu du xérès, The Macallan offre une harmonie à l’image de cette belle entente entre les fûts. Il nous évoque toujours la pâtisserie, avec ses notes d’épices d’automne et de fruits secs, relevées d’une touche de pommes caramélisées. Pour un verre à déguster pur après le dîner, rares sont les whiskies qui font mieux.

2e place : The Glenrothes 15 ans d’âge

Celui-ci a bien failli décrocher la première place. Mais la complexité de ses profondeurs ambrées se révèle un brin plus mordante, ce qui demande un peu plus de concentration pour en saisir toutes les nuances en bouche. Ce n’est pas forcément un défaut, cela dit. Et si vous prenez le temps de savourer The Glenrothes 15 — de distinguer le cuir craquelé de la marmelade de gingembre, le praliné du kaki —, vous en serez largement récompensé.

3e place : The Singleton 15 ans d’âge Single Malt

Comme nous l’avons dit, le Speyside rafle la mise dans notre catégorie des 15 ans d’âge cette année, mais comment aurions-nous pu laisser The Singleton en dehors de notre trio de tête ? On y retrouve cette douceur de fruits d’automne bien mûrs qui a propulsé The Macallan au sommet, mais aussi quelques notes étonnantes et inhabituelles, à la manière de The Glenrothes. Ici, guettez la châtaigne, l’huile de lin et d’autres surprenantes notes céréalières. Une véritable chasse au trésor pour les papilles.

Meilleur whisky de 18 ans d’âge

Cette année, ce n’est pas seulement la profondeur des saveurs qui nous a le plus impressionnés, mais aussi la précision avec laquelle les distilleries parviennent à restituer certaines senteurs et certains profils gustatifs bien particuliers. Souvent, nous nous demandons où les équipes marketing vont chercher des notes d’« essuie-mains en papier brun » ou de « goudron de toiture », mais ces cuvées haut de gamme font mouche à chaque note.

1re place : The Dalmore Cigar Malt Signature Reserve

Qu’est-ce qui définit un « cigar malt » ? Il n’existe aucune définition légale, mais dans les grandes lignes, c’est un whisky qui a suffisamment de caractère pour tenir tête à un cigare. Celui de The Dalmore remplit assurément ce rôle. On y retrouve des figues séchées et des dattes moelleuses, mêlées à une profondeur aromatique capable de rivaliser avec la fumée, mais aussi des notes qui semblent puiser à même les braises, comme un oud fumé. Un véritable plaisir.

2e place : Loch Lomond 18 ans d’âge Single Malt

Il faut de l’audace pour afficher d’emblée ses notes de dégustation, mais le coffret du Loch Lomond 18 ans arbore fièrement la mention « Pomme caramélisée et fumée de bois ». Heureusement, le whisky tient cette promesse. La description est d’une justesse presque troublante, et le résultat n’en est pas moins délicieux. C’est aussi un whisky qui se savoure en toute saison, mêlant des notes printanières de chèvrefeuille et hivernales de caramel au beurre à un cœur estival de pomme et de groseille à maquereau.

3e place : Highland Park 18 ans Single Malt

Peut-être le plus écossais des whiskies de notre sélection cette année. Et pas seulement parce qu’il arbore le nom de sa région de production sur sa bouteille, ou que sa finale est généreusement empreinte des embruns salés des Orcades, mais aussi pour certaines de ses notes dominantes. Du miel de bruyère à la confiture de framboises sauvages, en passant par la fougère et la saumure, c’est un authentique spiritueux écossais ; un ambassadeur exemplaire à l’international.

Meilleur whiskey américain

Bien que Gentleman’s Journal soit basé en Grande-Bretagne, nous avons toujours eu un faible pour le whiskey américain, qu’il s’agisse de bourbon ou de whiskey de seigle. Tous deux figurent dans notre trio de tête cette année, dont toutes les bouteilles proviennent du berceau même du bourbon : le Kentucky.

1re place : Maker’s Mark 46 French Oaked Bourbon

C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Et si le numéro 46 figure sur l’étiquette, l’équipe de la distillerie a en réalité mené plus de 120 essais d’ajout de douelles pour parfaire ce bourbon exceptionnel. Ces douelles de chêne français, plongées dans un bourbon déjà remarquable, subliment véritablement ce whiskey en lui apportant de nouvelles notes de clou de girofle, de caramel éclatant et de noix de macadamia grillée. Un incontournable.

2e place : Sazerac Straight Rye Whiskey

Élaboré chez Buffalo Trace, l’un des poids lourds du bourbon, ce whiskey de seigle a tout d’un champion. Sa recette associe une majorité de seigle à une bonne dose de maïs et un soupçon d’orge maltée. S’il manque de peu la première place, c’est uniquement parce qu’il donne le meilleur de lui-même en cocktail. Mais avec ses notes de thé noir, de réglisse, de badiane et (suivez-nous bien) une petite touche acidulée rappelant le Dr Pepper et la root beer, il tiendra le premier rôle dans tous les cocktails que vous aurez envie de préparer.

3e place : Elijah Craig Toasted Barrel

L’homme dont le nom figure sur la bouteille était connu comme le « père du bourbon ». Ce whiskey reprend le bourbon Small Batch de la marque et lui offre une seconde vie dans un fût de chêne toasté — ce qui en fait peut-être le lointain beau-frère un peu rebelle de la famille Craig. Mais qu’est-ce qu’il est bon ! Imaginez des notes de cèdre, de jasmin et de cassonade, relevées d’une pointe de pêche acidulée. Il vaut largement son prix.

Meilleur rhum

La sélection de rhums de cette année témoigne d’un beau croisement entre les catégories, notre trio de tête puisant ses influences dans d’autres univers, du vin au bourbon en passant par le xérès. Avec d’excellents profils aromatiques et de superbes bouteilles, ce podium pourrait bien être le plus enthousiasmant de l’année.

1re place : Brugal 1888

Nous apprécions les spiritueux qui n’ont pas peur de s’inspirer d’autres univers. Prenez notre rhum favori, par exemple : distillé en République dominicaine, il bénéficie d’un double vieillissement dans des fûts ayant auparavant accueilli des bourbons et des xérès de renom. Cette alliance lui confère des arômes de cassonade, de chêne épicé et même des touches de clou de girofle qui se révèlent en bouche. Un rhum à déguster pur, en prenant le temps de le savourer.

2e place : Don Papa Single Island Rum

Nous aimons presque tous les rhums Don Papa, de son « Rare Cask » non filtré à sa cuvée « Baroko » aux accents tropicaux. Pourtant, nous n’avons encore jamais goûté de meilleur Old Fashioned au rhum que celui préparé avec la cuvée originelle de la marque, vieillie dans d’anciens fûts de rioja et débordant de notes de fruits du verger bien mûrs et de crème vanillée. Une véritable révélation.

3e place : Eminente Gran Reserva

On dit peut-être qu’il ne faut pas juger un rhum à sa bouteille (en fait, personne ne le dit), mais nous sommes ravis de nous être laissé séduire par ce flacon façon peau de crocodile. Qui aurait cru que des notes de confiture de lait, d’amandes grillées et de tabac s’y cachaient, prêtes à surprendre nos papilles ? Alors oui, cette fois, nous nous sommes fiés à nos yeux, mais on ne se hisse pas dans le top 3 de GJ sans offrir une dégustation à la hauteur du flacon.

Meilleure bière

Comme beaucoup de nos catégories, celle des « bières » est vaste. C’est pourquoi nous nous sommes concentrés sur les lagers légères plutôt que sur les bitters ou les bocks. Et même ainsi, le choix est presque trop vaste. Mais, comme toujours, notre jury s’est attelé à la tâche pour ne retenir que les meilleures — après tout, il faut bien que quelqu’un s’y colle.

1re place : Monte Carlo Beer Bière Spéciale Lager

Comme les rosés ci-dessus, cette bière invite au voyage. Fraîche comme la Riviera, elle arbore une robe d’un or pâle évoquant le soleil d’été et offre, dès la première gorgée, toute la vivacité et la fraîcheur espérées. Le houblon français Triskel lui apporte une profondeur fruitée, sans pour autant éclipser ses délicates notes florales. L’accord idéal ? Un short de bain et une vue sur une mer paisible.

2e place : Côte Citron Lager

Côte Citron rejoint Monte Carlo sous la cabane de plage : cette bière façon radler est élaborée avec de vrais citrons de la Côte d’Azur. Avec ses 3,4 % d’alcool, elle se descend aussi facilement que ses canettes bleu et jaune éclatants s’écrasent, et réussit à marier le peps de ses zestes méditerranéens à une lager légère de tradition continentale, avec toute la précision et le panache — ou devrait-on dire le panaché ? — d’une serviette de plage en coton éponge.

3e place : NOAM Lager

Si certains la trouveront peut-être un peu trop pétillante, cette lager associe les houblons Hallertauer Tradition et Smaragd pour offrir une douceur maltée et des notes herbacées dominées par les agrumes, qui empêchent sa mousse vive de devenir envahissante. On décèle même une touche de camomille dans ces élégantes bouteilles cannelées. Une bière qui incarne donc un art de vivre luxueux : une Bavaroise de caractère à savourer à petites gorgées.

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