Je viens de finir de lire l’excellent article récent du FT sur Gérard Lhéritier, le marchand de manuscrits français qui avait levé un fonds d’un milliard de dollars reposant sur la vente de parts dans des trésors littéraires inestimables — avant que toute l’affaire ne s’effondre en 2025, révélant une pyramide de Ponzi (présumée) frauduleuse. Ce qui frappait chez Lhéritier (outre cette étrange anecdote selon laquelle il avait également remporté, en 2007, le plus gros jackpot EuroMillions jamais gagné en France), c’était à quel point il était une figure incontournable de la bonne société parisienne : toujours impeccablement vêtu, avec des manières de patricien, il était un mécène respecté de la Bibliothèque nationale de France. Cela m’a rappelé ce qu’un ami travaillant dans la finance m’avait un jour expliqué : une bonne proportion — peut-être même la majorité — des pyramides de Ponzi ne sont jamais détectées. Statistiquement parlant, au moins quelques-uns des financiers et gestionnaires de fonds les plus respectés du milieu ont sûrement, à un moment ou à un autre, eu recours à des pratiques dignes d’une pyramide de Ponzi — déshabiller Pierre pour habiller Paul, en somme — avant de réussir in extremis à redresser la barre et à rendre leur activité parfaitement légitime. Présenté ainsi, cela peut presque sembler acceptable — un simple avatar du « fake it till you make it » propre à notre culture moderne de la débrouille. (Et puis, « Ponzi », ça sonne tellement chic et italien. « Oh, cette cravate ? C’est une Ponzi vintage… » ) Mais monter une pyramide de Ponzi, c’est la partie facile. Vous promettez des rendements mirobolants, des investisseurs imprudents vous confient leur argent en conséquence, puis vous les rémunérez grâce aux dépôts d’autres investisseurs imprudents arrivés plus tard, et la roue tourne. Le problème, bien sûr, c’est d’en sortir. Voici cinq des escrocs les plus célèbres qui n’y sont pas parvenus.