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Dans les coulisses du Calendrier Pirelli 2026

Dans les coulisses du Calendrier Pirelli 2026

Entretien avec le photographe Sølve Sundsbø et aperçu de ce qui vous attend

Lors de sa première publication en 1964, le Calendrier Pirelli était destiné à être un cadeau d’entreprise haut de gamme réservé à un public restreint. Au fil des décennies, il s’est imposé dans le monde entier comme un phénomène culturel, célébrant la beauté, l’art et la mode à travers l’objectif des photographes les plus renommés au monde.

Pour l’édition 2026 de cette prestigieuse publication, le photographe norvégien Sølve Sundsbø, connu pour ses concepts hors du commun et sa polyvalence stylistique, a été choisi pour exercer ses talents. Une tâche loin d’être aisée, surtout au vu du calibre de son casting cinq étoiles, qui réunissait Susie Cave, Gwendoline Christie, Venus Williams, FKA Twigs et Tilda Swinton.

Sølve et son équipe se sont rendus sur les côtes du Norfolk et de l’Essex pour immortaliser des paysages naturels éthérés, ensuite intégrés en arrière-plan de prises de vue réalisées en studio, créant ainsi une fusion unique entre nature et technologie.

Avant la grande révélation des images prévue plus tard cette année, nous avons retrouvé Sølve, qui nous a offert un aperçu des coulisses de cette séance photo mêlant nature, technologie et sensualité.

Tilda Swinton

Qu’avez-vous ressenti lorsqu’on vous a proposé de photographier l’emblématique calendrier Pirelli ?

Oh, c’est un immense honneur. Mais je me souviens aussi que, lorsque j’ai reçu l’appel et compris ce qui se passait, je me suis dit : « Oh mon Dieu, c’est un peu comme gagner un prix et devoir ensuite prouver qu’on le mérite. »

Quel était votre principal objectif pour le calendrier 2026 ?

Je pense que l’objectif principal était d’en faire un calendrier personnel, qui reflète mes convictions et mes centres d’intérêt. Selon moi, ce concept ne se résume pas à : « Oh, ce sont de belles femmes sur une plage. » Cela fait bien sûr partie de l’histoire du calendrier, et en constitue une dimension importante, ce qui n’a rien de problématique. Mais lorsqu’on considère son histoire dans son ensemble, on constate qu’il est bien plus que cela. Je pense donc qu’il y avait matière à explorer ce qu’il pouvait devenir. Nous voulions qu’il entretienne un lien avec la nature [et qu’il intègre] des éléments naturels, sans pour autant tomber dans le cliché.

Eva Herzigova

Eva Herzigova

Comment avez-vous choisi les acteurs avec l’équipe ?

C’est un long processus. Pour certains, le choix s’est imposé à moi comme une évidence ; avec d’autres, je travaille depuis longtemps, je les admire et j’avais vraiment envie de collaborer avec eux. Mais c’est tout un processus, car il ne s’agit pas seulement de savoir qui vous aimeriez photographier, mais aussi qui est disponible pendant cette période. Sans parler de tous les aspects rébarbatifs dont les gens n’ont pas vraiment envie d’entendre parler, parce qu’ils pensent qu’il suffit de désigner quelqu’un et de dire : « J’aimerais travailler avec vous. » Ce n’est pas toujours aussi simple.

De plus, compte tenu de son illustre passé, de nombreuses personnalités incroyables y ont déjà figuré, non pas une seule fois, mais plusieurs. Il faut donc essayer de trouver les personnes qui vous correspondent.

Irina Shayk

Comment avez-vous fait pour apporter votre touche personnelle au calendrier ?

On rêve un peu, on réfléchit et, vous savez, c’est presque comme écrire. On se demande : « Qu’est-ce que je veux dire ? » Et tout découle de son propre tempérament.

L’une des idées était celle des éléments, car lorsqu’on réduit la nature à son essence, on aboutit aux éléments — non pas ceux du tableau périodique, mais l’eau, le feu, le vent, l’air, la terre, ce genre de choses. C’est davantage ce que nous cherchions à faire, car je ne voulais pas que cela ressemble à « Oh, c’est une belle prairie, une prairie artificielle baignée par la lumière du matin ». Je voulais quelque chose de plus abstrait.

Saviez-vous que vous vouliez vous concentrer sur la nature ?

Oui, absolument. Quand on fait quelque chose comme ça, avec ces immenses écrans à la pointe de la technologie, il faut que tout soit prêt avant de commencer. On ne peut pas obtenir ce qu’on veut d’un claquement de doigts — enfin, j’imagine que ce serait possible avec l’IA, mais nous, nous ne travaillions pas avec l’IA ; nous voulions travailler avec du réel.

Venus Williams

Comment avez-vous rendu hommage à l’illustre histoire du calendrier Pirelli ?

Je pense qu’on peut reformuler cette question – en tout cas, en ce qui me concerne, car je ne voulais rendre hommage à rien. En réalisant ce calendrier, on s’inscrit dans un héritage. Je ne voulais pas lui rendre hommage, mais on cherche à s’inscrire dans une tradition sans pour autant la suivre servilement. C’est donc dans cet univers que j’évolue : comment puis-je me l’approprier ? Et le présenter d’une manière qui, je l’espère, soit nouvelle et intéressante.

Lorsque vous cherchiez de l’inspiration pour la séance photo, quel genre de références consultiez-vous ?

En fait, je me suis beaucoup penché sur mon propre travail, en me demandant comment reprendre des éléments qui existent déjà dans mon univers pour les faire évoluer. J’ai donc essayé de développer quelque chose qui s’inscrive dans cet univers qui est déjà le mien… C’est très difficile d’échapper à soi-même, non ?

Susie Cave

Adria Arjona

Votre style a-t-il évolué au fil des années ou revenez-vous toujours à la même identité esthétique ?

Je pense qu’il évolue. C’est un peu comme faire rebondir une balle de tennis tout en gravissant une colline. La balle monte et descend, donc elle change constamment de position, tout en avançant ou en s’élevant peu à peu. Je pense que c’est un peu la même chose. C’est pour cela qu’il est difficile de répondre à cette question : on ne s’en rend pas compte sur le moment, mais avec davantage de recul, on se dit que, oui, les choses ont changé. Donc oui, mon style a évolué, mais je pense que beaucoup d’éléments sont restés les mêmes.

Y a-t-il des souvenirs du tournage qui vous ont particulièrement marqué ?

Toutes ! Je veux dire, ces personnes font partie des gens les plus extraordinaires qui soient. Et le fait qu’elles croient en vous, vous donnent confiance, entrent dans votre univers et vous disent : « D’accord, travaillons ensemble », c’est tout simplement incroyable.

Du Juan

Comment faites-vous pour mettre vos sujets à l’aise lorsque vous les photographiez ?

Il suffit d’être honnête, de rester moi-même et de leur expliquer ce que j’aimerais obtenir. Ensuite, je leur montre des références et nous en discutons en amont. Je leur dis que si cela leur convient, nous le faisons, et que si ce n’est pas le cas, nous changeons les choses. Bien sûr, il y a de petits ajustements au fil de la séance, mais je leur montre tout. Dans ce genre de jeu, les règles sont très simples : je ne suis satisfait que s’ils le sont. C’est une question de confiance.

Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur le Calendrier Pirelli 2025...

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